La Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) est un service du ministère de l’Économie. Elle veille à deux choses : la protection économique du consommateur et le maintien d’une concurrence loyale entre les entreprises. Un dirigeant comme un particulier peut la saisir en quelques minutes via la plateforme SignalConso. Reste une nuance que beaucoup ignorent : son champ d’action s’arrête là où commence celui du juge civil. Voici ce qu’elle fait, ce qu’elle sanctionne et ce qu’elle ne traite pas.
Que recouvre la DGCCRF, gardienne de la concurrence et des consommateurs ?
La DGCCRF porte deux missions historiques. La première protège le consommateur : loyauté des transactions, sincérité de l’étiquetage, interdiction de la publicité mensongère, lutte contre les faux rabais et les clauses abusives. La seconde garantit un marché sain en faisant respecter les règles de concurrence entre acteurs économiques.
Cette administration définit aussi le cadre juridique de la consommation, accompagne professionnels et particuliers, puis contrôle l’application des règles sur le terrain. Au niveau départemental, ses missions sont portées par les directions de la protection des populations (DDPP) ou les DDETSPP. Pour comprendre comment se répartissent les rôles entre l’administration centrale et son relais départemental, il faut garder en tête que la DDPP applique localement les missions définies à l’échelon national. Elle veille enfin à la sécurité et à la conformité des produits, du jouet importé jusqu’aux cigarettes électroniques jetables.
Que contrôle la répression des fraudes au quotidien ?

Les agents interviennent en magasin, sur les sites marchands et au sein des entreprises. Ils vérifient les prix affichés, l’origine des ingrédients, la réalité des promotions et la conformité des produits mis en vente. Un signalement peut déclencher une enquête, mais la DGCCRF agit aussi de sa propre initiative, sur la base d’un faisceau d’alertes.
Les pratiques qui déclenchent un contrôle
Plusieurs situations justifient de la saisir :
- une publicité trompeuse ou une pratique commerciale déloyale
- une absence d’information ou d’étiquetage sur un produit
- une clause abusive glissée dans un contrat
- des anomalies de prix ou de fausses réductions
- la vente illégale de produits de vapotage jetables
En revanche, elle n’intervient pas en cas d’escroquerie, de détournement de données bancaires ou de simple litige sur l’exécution d’un contrat. Ces différends relèvent d’une résolution amiable, d’un médiateur de la consommation ou d’une plainte.
Quels pouvoirs de sanction pour la DGCCRF ?
Les agents constatent les manquements et exigent leur cessation. Ils ordonnent au professionnel de se mettre en règle, de supprimer une clause illicite ou de cesser un acte interdit, parfois dans un délai imparti. La direction graduera ensuite sa réponse selon la gravité.
En cas de pratiques frauduleuses caractérisées, la sanction grimpe jusqu’à la peine de prison ferme pour le dirigeant.
Trois types de suites existent : l’avertissement, qui informe l’entreprise du manquement constaté ; la suite corrective, qui contraint à rectifier dans un délai donné ; la mesure répressive, civile, pénale ou administrative. Une affaire récente de rénovation énergétique a ainsi valu deux ans d’emprisonnement, dont six mois fermes, au gérant d’une société de pompes à chaleur aux pratiques trompeuses. Les amendes atteignent plusieurs centaines de milliers d’euros pour une personne morale.
La DGCCRF traite-t-elle la concurrence déloyale entre entreprises ?
Non, et c’est un point capital pour un chef d’entreprise. La DGCCRF n’est pas compétente pour la concurrence déloyale entre professionnels. Le dénigrement d’un concurrent, le parasitisme, l’imitation fautive ou la désorganisation d’une entreprise rivale relèvent du juge civil, pas de la répression des fraudes.
Une société victime de ces agissements ne dépose donc pas un signalement administratif. Elle saisit le tribunal compétent et engage une action en responsabilité pour obtenir réparation. Confondre les deux voies fait perdre un temps précieux : un dossier mal orienté vers la DGCCRF reste sans suite sur ce terrain.
DGCCRF ou Autorité de la concurrence : qui fait quoi ?
Deux institutions veillent à la concurrence, avec des rôles distincts. L’Autorité de la concurrence est une autorité administrative indépendante qui traque les ententes illicites et les abus de position dominante. La DGCCRF, elle, dépend de Bercy et couvre un spectre plus large, du contrôle des prix à la protection du consommateur.
| Critère | DGCCRF | Autorité de la concurrence |
|---|---|---|
| Statut | Service du ministère de l’Économie | Autorité administrative indépendante |
| Cœur de mission | Consommation, fraudes, concurrence loyale | Ententes, abus de position dominante |
| Saisine | SignalConso, RéponseConso | Plaintes d’entreprises, auto-saisine |
| Concurrence déloyale entre pros | Non compétente (juge civil) | Non compétente |
Comment saisir la DGCCRF ?
La voie la plus directe reste SignalConso, la plateforme en ligne gérée par la direction. Le signalement prend quelques minutes et alimente le ciblage des contrôles. Pour une question de droit avant ou après un achat, le service RéponseConso répond par téléphone.
- En ligne : déposer un signalement sur SignalConso
- Par téléphone : RéponseConso au 0809 540 550 (numéro non surtaxé)
Un signalement n’oblige pas la DGCCRF à ouvrir une enquête ni à vous indemniser. Elle décide seule des suites selon le contexte. Pour obtenir réparation d’un préjudice, la voie judiciaire civile reste le bon réflexe, en parallèle de l’alerte transmise à l’administration.







