Le plan cadastral informatisé (PCI) est la version numérique du plan cadastral français, produit et maintenu par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP). Depuis la loi pour une République numérique de 2016, ces données sont accessibles librement et gratuitement sur data.gouv.fr. Pour un investisseur, un notaire ou un professionnel de l’immobilier, comprendre ce que contient le PCI et comment l’exploiter constitue un avantage stratégique concret.
Qu’est-ce que le plan cadastral informatisé ?
Le plan cadastral est un assemblage d’environ 600 000 feuilles couvrant la quasi-totalité du territoire français. Chaque feuille représente une section ou une partie de section cadastrale, découpée en parcelles, qui sont les unités de base de la propriété foncière.
Sa double mission est clairement définie par la loi : identifier et localiser la propriété foncière, et servir d’assiette à la fiscalité locale (taxe foncière en tête). Depuis l’article L127-10 du Code de l’environnement, le plan cadastral est aussi la donnée de référence nationale pour le découpage parcellaire et la représentation du bâti.
Il couvre toute la France métropolitaine, à l’exception de Strasbourg et de quelques communes alsaciennes voisines (une particularité héritée de la période d’occupation allemande entre 1871 et 1918, qui a maintenu un régime cadastral différent). Les collectivités d’outre-mer de Saint-Martin et Saint-Barthélemy sont quant à elles intégrées dans le département de la Guadeloupe.
La DGFiP publie une mise à jour tous les quinze jours sur le portail cadastre.gouv.fr, et un millésime trimestriel complet est disponible au téléchargement sur data.gouv.fr.
PCI Vecteur ou PCI Image : quelle différence ?

Le PCI existe sous deux formes complémentaires, selon le niveau de numérisation atteint pour chaque commune.
Le PCI Vecteur regroupe les feuilles intégralement numérisées. C’est le format le plus riche : il encode chaque objet géographique (parcelle, bâtiment, voie, cours d’eau) sous forme de géométrie vectorielle, interrogeable et superposable à d’autres couches SIG. Il couvre aujourd’hui 34 700 communes sur un peu plus de 35 000.
Le PCI Image complète la couverture pour les communes restantes. Il s’agit de scans des plans papier au format TIFF (lisibles à l’écran mais non exploitables directement dans un logiciel d’analyse spatiale).
Pour des usages patrimoniaux sérieux, le PCI Vecteur est le format à privilégier. Il permet de croiser les données parcellaires avec des référentiels de valeur foncière, des plans locaux d’urbanisme ou des données de risques naturels.
Comment accéder et télécharger le PCI gratuitement ?
Le PCI est téléchargeable sans inscription sur le portail cadastral en open data. Trois niveaux de granularité sont disponibles :
- à la feuille (commune + section)
- par EPCI
- par département (archive complète)
Les URL de téléchargement sont stables dans le temps, ce qui permet d’automatiser la récupération par script en remplaçant simplement la date du millésime par latest.
Les formats disponibles au téléchargement
Le PCI Vecteur est distribué en quatre variantes :
- EDIGÉO Lambert 93 : format de référence pour les SIG français
- EDIGÉO CC 9 zones : projection adaptée aux travaux locaux de précision
- DXF-PCI Lambert 93 : compatible avec les logiciels de CAO/DAO
- DXF-PCI CC 9 zones : variante projetée pour les usages métiers
Le PCI Image est distribué au format TIFF.
La mention de source obligatoire pour tout document diffusant des données PCI est : « Source : Direction Générale des Finances Publiques – Cadastre ; Mise à jour : AAAA ».
Les outils pour exploiter les données
Les fichiers EDIGÉO s’ouvrent avec des logiciels libres comme QGIS (via le plugin cadastre), JOSM ou GDAL. Des applications métiers dédiées aux collectivités locales supportent également ce format.
Les fichiers DXF-PCI s’ouvrent avec n’importe quel logiciel de CAO/DAO (AutoCAD, DraftSight, etc.), ce qui les rend accessibles aux géomètres-experts et aux bureaux d’études techniques.
Quels usages patrimoniaux et fonciers pour le PCI ?

Pour un particulier, le PCI permet de visualiser les limites apparentes d’une propriété avant un achat ou une vente. Il ne se substitue pas à un bornage contradictoire réalisé par un géomètre-expert mais il donne un premier cadrage précis du parcellaire.
Pour un investisseur ou un professionnel de l’analyse patrimoniale, les usages sont plus stratégiques :
- Identifier des tènements fonciers : regrouper plusieurs parcelles contiguës pour évaluer un potentiel de construction ou de division
- Croiser avec les données PLU : superposer le parcellaire aux zones de constructibilité pour qualifier rapidement un terrain
- Analyser les mutations : suivre l’évolution des découpages parcellaires dans le temps via les millésimes trimestriels archivés depuis juillet 2017
- Vérifier la cohérence des actes : confronter les données cadastrales aux descriptions des actes notariés pour détecter d’éventuels écarts
Le plan cadastral informatisé est une donnée publique souvent sous-utilisée par les acteurs privés. Sa disponibilité ouverte, son niveau de détail et sa mise à jour régulière en font un point d’entrée solide pour toute démarche d’analyse foncière ou patrimoniale sérieuse.







