Prime Ségur : quel montant en 2026 ?

183 € nets par mois : voilà le montant de référence de la prime Ségur pour les professionnels du secteur sanitaire et médico-social. Créée par les accords du Ségur de la santé signés le 13 juillet 2020, cette revalorisation salariale prend la forme d’un complément de traitement indiciaire (CTI) permanent, qui compte pour le calcul de la retraite. Son périmètre s’est élargi à plusieurs reprises jusqu’en 2026, mais les montants varient selon votre secteur d’exercice.

Quel est le montant net de la prime Ségur en 2026 ?

Le montant varie selon que vous exercez dans le public, le privé non lucratif ou le privé commercial. Le chiffre de 183 € nets souvent cité dans les médias correspond au montant initial calculé en 2020. Dans le secteur public, les revalorisations successives du point d’indice (juillet 2022 et juillet 2023) ont porté le CTI à un niveau légèrement supérieur.

Secteur Montant brut mensuel Montant net mensuel
Public (FPH, FPT, FPE) 241 € environ 192 €
Privé non lucratif (FEHAP, CCN 51, BASS) environ 238 € 183 €
Privé commercial (cliniques, FHP) environ 208 € 160 €

Le CTI est proratisé au temps de travail : un agent à 80 % perçoit 80 % du montant. En cas de congé maladie à demi-traitement, la prime suit le même sort que le salaire de base.

Dans le secteur public

Dans la fonction publique hospitalière (FPH), le CTI est indexé sur la valeur du point d’indice, fixée à 4,92278 € depuis juillet 2023. Il correspond à 49 points d’indice majoré, soit 241,22 € brut par mois. Le net perçu avoisine 192 €. Ce montant est inscrit dans le décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020 et ne peut pas être supprimé par l’employeur.

Dans le secteur privé non lucratif

Les établissements relevant de la BASS (branche de l’action sanitaire et sociale privée à but non lucratif), de la FEHAP ou de la CCN 51 versent un montant fixé par accord de branche : 183 € nets par mois. Ce montant ne suit pas l’évolution du point d’indice. La LFSS 2026 a étendu cette revalorisation aux personnels administratifs et techniques de la BASS qui n’en bénéficiaient pas encore.

Dans le secteur privé commercial

Les cliniques et établissements relevant de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) versent 160 € nets par mois, selon leur accord de branche. Ce montant ne s’applique qu’aux établissements ayant signé ou appliqué les accords concernés.

Qui peut toucher la prime Ségur ?

Le périmètre des bénéficiaires a été élargi en plusieurs vagues entre 2020 et 2024. En 2026, les catégories suivantes sont éligibles, dans les trois fonctions publiques (hospitalière, d’État, territoriale) comme dans le privé non lucratif :

  • Personnel soignant : infirmiers (IDE, IADE, IBODE, IPA), aides-soignants, auxiliaires de puériculture, sages-femmes, masseurs-kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, manipulateurs en électroradiologie, techniciens de laboratoire, préparateurs en pharmacie
  • Personnel socio-éducatif (depuis 2022) : éducateurs spécialisés, accompagnants éducatifs et sociaux (AES), aides médico-psychologiques (AMP), assistants de service social, conseillers en économie sociale et familiale
  • Autres : psychologues en établissement de santé ou médico-social, aides à domicile des services d’aide et d’accompagnement publics, assistants médicaux et dentaires

Pour être éligible, vous devez exercer ces fonctions à titre principal, soit au moins 50 % de votre temps de travail, dans un établissement couvert par les textes.

Certains professionnels restent exclus : le personnel administratif hospitalier (secrétaires médicales, agents des admissions), les agents techniques et ouvriers et les personnels du privé lucratif non couverts par un accord de branche spécifique.

Dans la fonction publique territoriale, la situation est plus complexe : l’attribution du CTI dépend à la fois du métier exercé, du type de structure et de la décision de chaque collectivité. Certaines collectivités versent la prime d’office, d’autres exigent une vérification auprès du service RH.

Comment la prime Ségur apparaît-elle sur votre fiche de paie ?

Un bulletin de salaire posé sur un bureau en bois avec des pièces en euros, une calculatrice et de la lumière du jour.

Le CTI n’est pas labellisé de façon uniforme selon les employeurs. Sur votre bulletin de salaire, cherchez l’un de ces intitulés :

  • « Complément de traitement indiciaire » ou « CTI Ségur » (secteur public)
  • « Prime Ségur », « Indemnité de revalorisation salariale » ou « Complément Ségur » (privé non lucratif)
  • « Prime Ségur » ou « Revalorisation Ségur » (privé commercial)

La prime figure dans la rubrique primes et indemnités du bulletin. Dans la fonction publique hospitalière et d’État, l’employeur établit un arrêté individuel (pour les titulaires) ou un avenant au contrat (pour les contractuels). Ce document formalise votre droit au CTI sans que vous ayez à en faire la demande. Si vous vous interrogez sur le régime fiscal de la prime Ségur, sachez que son traitement à l’impôt sur le revenu a fait l’objet de précisions officielles.

Que faire si la prime Ségur ne vous est pas versée ?

Si vous remplissez les conditions d’éligibilité et que le CTI n’apparaît pas sur votre fiche de paie, voici la marche à suivre.

Première étape : contactez votre service RH. Adressez une demande écrite (mail avec accusé de réception ou courrier recommandé) en demandant confirmation de votre éligibilité. Joignez votre dernière fiche de paie. Dans le public, le CTI est un droit prévu par décret : l’employeur ne peut pas le refuser aux agents éligibles.

Deuxième étape : sollicitez vos représentants syndicaux. Les organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, UNSA) maîtrisent les textes applicables et ont signé les accords du Ségur. Elles peuvent analyser votre situation et vous accompagner dans vos démarches.

Troisième étape : voies de recours. Si aucune solution amiable n’aboutit, deux options s’ouvrent selon votre statut :

  • Secteur public : saisine du tribunal administratif dans les deux mois suivant le refus explicite ou implicite de l’administration
  • Secteur privé : saisine du conseil de prud’hommes, le non-versement constituant un manquement de l’employeur à ses obligations conventionnelles

Conservez toutes vos fiches de paie. Des versements rétroactifs ont eu lieu lors des extensions de 2022 et 2024 (vos bulletins permettent de vérifier que tout rattrapage couvre bien la totalité de la période due).

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