Comment devenir notaire : le parcours complet, de la fac au serment

Le notaire est un officier ministériel nommé par le Garde des Sceaux, investi d’une mission de service public. Il authentifie les actes juridiques (ventes immobilières, successions, contrats de mariage, donations) et engage sa responsabilité personnelle sur chaque document signé. En France, on compte environ 16 000 notaires en exercice pour près de 6 700 offices, répartis sur l’ensemble du territoire selon une carte définie par la chancellerie.

La profession attire chaque année des milliers de candidats. Mais le chemin est long, structuré, et ne laisse que peu de place à l’improvisation.

Un officier public au cœur du droit français

Le notaire n’est pas un simple juriste. Son statut d’officier public lui confère une autorité que ne possède aucun autre professionnel du droit privé : l’acte notarié a force exécutoire, au même titre qu’un jugement de tribunal. Cela signifie qu’une créance constatée par acte notarié peut être recouvrée sans passer par un juge.

Ses domaines d’intervention couvrent :

  • La famille : contrat de mariage, PACS, adoption, succession, testament
  • L’immobilier et le patrimoine : achat, vente, donation, bail
  • L’entreprise : cession de fonds de commerce, bail commercial, statuts de société
  • Les collectivités territoriales et l’urbanisme

Le notaire est aussi un conseiller de long terme. Il accompagne ses clients dans la durée, souvent sur plusieurs générations, ce qui fait de la relation de confiance un pilier central du métier.

Quel bac et quelle licence pour viser le notariat ?

Aucun bac spécifique n’est exigé, mais un profil littéraire ou économique constitue un avantage réel. Les spécialités histoire-géographie / géopolitique, SES ou humanités-philosophie sont les plus cohérentes avec les exigences du droit. Un profil scientifique n’est pas rédhibitoire : la logique mathématique se rapproche du raisonnement juridique.

L’entrée en licence de droit se fait via Parcoursup. Les attendus incluent des capacités rédactionnelles solides, un esprit d’analyse, de la rigueur et une ouverture aux questions sociétales.

La licence (bac+3) puis le master 1 en droit (bac+4) constituent le socle commun obligatoire. Ce n’est qu’à partir du master 2 que les parcours se différencient selon la voie choisie. Les candidatures en master se déposent via la plateforme nationale MonMaster, un passage obligé pour intégrer un master 2 en droit notarial.

Les deux voies pour obtenir le diplôme de notaire

Bureau bien agencé avec documents juridiques, ordinateur portable et fournitures de bureau pour un stagiaire notaire.

La voie universitaire : le Diplôme d’études supérieures de notariat (DESN)

Elle s’appuie sur un master 2 en droit notarial (accès de plein droit) ou en droit généraliste (accès sur dossier). À l’issue du master, l’étudiant effectue un stage rémunéré de 24 mois en office notarial, en parallèle de 4 semestrialités de cours à l’INFN (Institut national des formations notariales). Il rédige un rapport de stage et passe des examens écrits et oraux. Le DESN obtenu, il peut solliciter sa nomination auprès du Garde des Sceaux.

Cette voie dure environ 8 ans au total depuis le bac.

La voie professionnelle : le Diplôme de notaire

Elle est ouverte après un master 2 en droit, via un INFN (16 établissements en France). L’étudiant suit d’abord un module initial d’un mois, puis effectue un stage pratique de 30 mois en office notarial. En parallèle, il valide cinq modules de formation théorique et rédige un rapport de stage. Le Diplôme de notaire obtenu, la nomination suit le même processus que pour la voie universitaire.

La durée totale est comparable : 7 à 8 ans depuis le bac.

La voie interne : devenir notaire sans master

Peu connue, la voie interne est pourtant une option réelle pour les professionnels déjà en poste dans le notariat. Elle est ouverte aux personnes justifiant d’au moins 9 ans d’exercice en office notarial, dont 6 ans après l’obtention d’un diplôme de clerc (BTS ou diplôme de l’Institut des Métiers du Notariat).

Le candidat passe un examen de contrôle des connaissances techniques, puis effectue un stage. En cas de réussite, il obtient le Certificat d’aptitude aux fonctions de notaire (ECCT) et peut être nommé.

Cette voie intéresse particulièrement les collaborateurs chevronnés qui ont acquis leur expertise sur le terrain. Elle représente un levier de reconversion interne cohérent avec une stratégie de carrière long terme.

Quel salaire peut-on espérer ?

La rémunération d’un notaire varie fortement selon son statut (salarié, associé ou titulaire d’un office) et la taille de l’office.

En début de carrière, un notaire assistant ou salarié perçoit entre 18 600 € et 21 600 € net par an. Après une dizaine d’années d’expérience, la rémunération peut atteindre 5 300 € nets mensuels en tant que cadre salarié. Les diplômés de master en droit notarial affichent un salaire médian de 44 000 € brut à la sortie d’études selon les données de Paris Dauphine-PSL.

Pour un notaire titulaire d’un office ou associé, la rémunération dépend directement du chiffre d’affaires de l’étude. Les honoraires sur les actes authentiques sont fixés par l’État ; les prestations de conseil restent libres. À ce niveau, les écarts sont très importants selon la localisation et la spécialisation de l’office.

La progression typique suit un schéma en trois temps : notaire assistant, notaire salarié, puis associé ou titulaire. L’ouverture d’un office propre reste l’horizon le plus ambitieux (et le plus exigeant financièrement) : une étude se valorisant souvent autour de 500 000 €.

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