Devenir notaire en France exige un engagement long : 7 années d’études après le baccalauréat. Ce parcours, restructuré par la réforme de 2023, suit désormais un chemin unique qui mêle formation théorique et pratique en office. Voici le détail de chaque étape, les alternatives possibles et ce que rapporte ce métier une fois le diplôme en poche.
Combien d’années faut-il pour devenir notaire ?
Le cursus standard s’étale sur 7 ans après le bac : trois ans de licence, deux ans de master et deux ans de formation spécialisée. Avant la réforme entrée en vigueur en 2023, deux voies coexistaient (universitaire et professionnelle). Elles ont fusionné en un parcours unique centré sur le DESN, le Diplôme d’Études Supérieures de Notariat.
Dans les faits, certains étudiants mettent 8 ans selon les redoublements ou les réorientations. La durée incompressible reste fixée à 7 ans pour un parcours linéaire.
Les trois étapes du cursus notarial
La licence en droit (bac+3)
Le point de départ est une licence en droit à l’université, accessible via Parcoursup. Cette formation de trois ans pose les fondations : droit civil, droit public, droit des obligations, droit pénal. Les cours magistraux alternent avec des travaux dirigés et des partiels semestriels.
Aucune spécialisation notariale n’intervient à ce stade. L’objectif est d’acquérir une culture juridique solide. Parmi les fondamentaux, la compréhension des différentes sources du droit français constitue un prérequis essentiel. Les stages restent optionnels mais constituent un premier contact utile avec le monde notarial.
Le master en droit notarial (bac+5)
Après la licence, deux années de master complètent la formation. Le parcours recommandé est le master mention droit notarial, qui ouvre un accès de plein droit au DESN. Les candidatures passent par la plateforme Mon Master.
Le programme couvre des matières ciblées :
- Droit immobilier et droit de la construction
- Droit des successions et des libéralités
- Droit fiscal du patrimoine
- Droit de la famille et régimes matrimoniaux
- Droit des sociétés appliqué à la pratique notariale
Un master dans une autre branche du droit permet aussi de candidater au DESN, mais l’admission passe alors par une sélection sur dossier et entretien, bien plus exigeante.
Le DESN, diplôme unifié depuis 2023 (bac+7)

Le DESN a remplacé les anciennes voies d’accès. Dispensé par l’Institut National des Formations Notariales (INFN) en partenariat avec des universités, il dure deux ans en alternance via un contrat de professionnalisation.
Le stagiaire notarial partage son temps entre un office (missions rémunérées) et des cours. Les dossiers traités couvrent des actes variés, de la vente immobilière aux formalités liées aux successions. Chaque semestre se conclut par des épreuves écrites. La deuxième année s’achève par la soutenance d’un mémoire. La moyenne de 10/20 à l’ensemble des examens conditionne l’obtention du diplôme.
Une fois le DESN validé, le notaire assistant peut demander sa nomination auprès du Garde des Sceaux pour exercer à titre individuel ou s’associer dans un office.
Existe-t-il des voies alternatives ?
La voie interne offre un accès sans repasser par le cursus classique. Elle s’adresse aux collaborateurs de notaire justifiant d’au moins 9 ans d’expérience en office (dont 6 après l’obtention du diplôme de premier clerc). Pour les titulaires d’un master en droit, cette ancienneté descend à 7 ans dont 4 après le diplôme.
Les candidats passent alors l’Examen de Contrôle des Connaissances Techniques (ECCT), qui délivre le Certificat d’aptitude aux fonctions de notaire. Cette voie reste marginale en volume mais représente une option concrète pour les professionnels déjà en poste qui souhaitent accéder au titre sans reprendre un cursus complet.
Quel salaire à la sortie ?
Un notaire salarié débute autour de 3 500 à 4 500 euros bruts mensuels selon la taille de l’office et sa localisation. Les notaires associés ou titulaires d’un office perçoivent une rémunération indexée sur le chiffre d’affaires de l’étude, qui peut atteindre 10 000 à 15 000 euros nets par mois après quelques années d’exercice.
La rentabilité varie fortement entre zones rurales et grandes métropoles. Les offices situés dans des secteurs à forte activité immobilière génèrent les revenus les plus élevés. Avec 7 ans d’études et un investissement personnel conséquent, le notariat reste l’une des professions juridiques les mieux rémunérées en France.







